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Samedi 3 mai 2008

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent, comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

                                                                                                                          Paul Verlaine

par toutankomun publié dans : Tout en poésies communauté : Les amis d'agathe
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Samedi 3 mai 2008

Continuons, ...,
envoyez-nous également votre poème préféré.
 

Toutankomun@aol.com


Notre petit BOUDDHA est très content,
deux nouveaux poèmes viennent d'arriver
;

 on les insère dans notre recueil: "Tout en poésies".

****

Agathe

On avait dit " votre " poème préféré ,
peut être  que deux seraient acceptés  ??

 

A personne demain n'est promis.
Garde en joie ce coeur plein de mélancolie 
Bois au clair de lune, ô la lune, car la lune
Bien souvent brillera sans plus nous retrouver . 

Omar Khayyâm

( ce portrait d'Omar Khayyâm est l'enseigne d'une librairie à Casablanca ) 
 
**************

 

 


Alain d'A

 

 

un court poème que j'aime beaucoup

La pluie
a volé le parfum
des lilas
  Lune rousse...

Clod Aria


******************************************************************************

Chen Jie
Bonjour, voici un de mes poèmes préférées...

C'est un vieux poème chinois (dynastie Han, règne de Wudi, 1er-2eme siècle de notre ère) et il se nomme :

Ode à Qingcheng

Au nord il est une belle si belle
Que nulle ne reste belle près d'elle.
D'un regard elle jette les remparts à terre,
D'un second regard le royaume est abattu.
Qui ne sait que, les murs et le royaume à terre,
La belle à nouveau sera fière?

Pour la petite histoire, Qingcheng est une femme légendaire en Chine pour sa beauté qui fit tourner la tête à l'Empereur le plus despotique de la dynastie Han (Wudi).

Voila! Le poème est aussi une chanson depuis des siècles en Chine, et dans un film assez récent Zhang Ziyi le chant. ^__-

 

 

Ionard

 

Poème dédié à l'ado la plus connue d'overblog et qui s'éclate non pas au Sénégal mais à Seattle!

Maintenant que la jeunesse
S'éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse
Machinale m'a trahi
Maintenant que la jeunesse
Tu t'en souviens souviens-t-en
Maintenant que la jeunesse
Chante à d'autres le printemps
Maintenant que la jeunesse
Détourne ses yeux lilas
Maintenant que la jeunesse
N'est plus ici n'est plus là
Maintenant que la jeunesse
Sur d'autres chemins légers
Maintenant que la jeunesse
Suit un nuage étranger
Maintenant que la jeunesse
A fui voleur généreux
Me laissant mon droit d'aînesse
Et l'argent de mes cheveux
Il fait beau à n'y pas croire
Il fait beau comme jamais
Quel temps quel temps sans mémoire
On ne sait plus comment voir

Ni se lever ni s'asseoir
Il fait beau comme jamais
C'est un temps contre nature
Comme le ciel des peintures
Comme l'oubli des tortures
Il fait beau comme jamais
Frais comme l'eau sous la rame
Un temps fort comme une femme
Un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais un temps à rire et courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais
Tant pis pour l'homme au sang sombre
Le soleil prouvé par l'ombre
Enjambera les décombres
Il fait beau comme jamais

Louis Aragon

 




Onatha  (son site ICI) une gentille visiteuse,

nous a fait part de son choix.

Voici son poème préféré  

LES RAINETTES, LE SOIR

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l'eau du bassin, coulant sans bruit,
Brillait dans l'herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.

Ils s'attardaient, le soir,
Sur la terrasse
D'où partaient les chemins, de sable clair,
Du ciel sans nombre.

Et si nue devant eux
Etait l'étoile,
Si proche était ce sein
Du besoin des lèvres

Qu'ils se persuadaient
Que mourir est simple,
Branche écartée pour l'or
De la figue mûre.

 Les planches courbes (Yves Bonnefoy)
    éd. Gallimard, 2003


Agathe (son site ICI), a, elle, choisi un poème d'Hafez.

Poème préféré d'Agathe 

Le monde n'est rien sauf une histoire...
Une histoire de déception, de ruse, de sang.
Regarde !
Cette nuit est enceinte d'un enfant !

Toi et moi ne savons pas,
Personne ne sait qui sera cet enfant...
Cet enfant,
L'enfant de cette nuit,
C'est demain !

Personne ne sait ce qu'il sera...
Comment il sera !

Hafez

par toutankomun publié dans : Tout en poésies communauté : Les amis d'agathe
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